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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /Fév /2008 19:27

 


Quelques remarques s’imposent sur le plan théologique en vue de mieux comprendre le sens des icônes :
 

 

1-   L’art de l’icône ne rejette aucunement la matière, et ne méprise non plus le corporel mais il le spiritualise, voire il le transfigure en lui donnant un sens nouveau. La théologie byzantine refuse l’adage de la philosophie antique : σώμα σιμα « Le corps est le tombeau de l’âme ». La théologie de l’icône est une théologie de transfiguration où l’œil du cœur priant regarde la matière en tant que matière transfigurée par le mystère qui transmet. C’est pourquoi, la personne qui apprend l’iconographie commence par écrire l’icône de la Transfiguration. Un manuscrit du Mont Athos invite l’iconographe à « prier avec larmes, afin que Dieu pénètre son âme. Qu’il aille au prêtre, afin que celui-ci prie sur lui et récite l’hymne de la Transfiguration »[1]. Cette théologie dite de la transfiguration s’enracine dans celle de l’incarnation, mais pour la percevoir, il faut avoir l’œil du cœur purifié : « Car la puissance divine, dit encore saint Basile en parlant de la Transfiguration, a paru à travers le corps humain, comme une lumière à travers des membranes transparentes, brillante pour ceux qui ont les yeux du cœur purifiés »[2].  

 

2- Correspondance entre l’icône et l’Écriture : cette correspondance est basée sur le fait que toutes les deux (icône et Écriture) sont  habitées par la même Vérité. C’est en ce sens que saint Basile le Grand notait : « Ce que la parole communique par le moyen de l’ouïe, la peinture le montre silencieusement, par la représentation »[3]. Le Septième concile œcuménique dit à ce sujet : « par ces deux moyens qui s’accompagnent mutuellement… nous recevons la connaissance de la même chose »[4]. A ce propos Vladimir dit : « L’une et l’autre, en plus de leur signification directe, sont un reflet du monde céleste, symbole de l’Esprit qui l’habite. Ainsi le contenu de la Parole et de l’image est le même, les mêmes aussi leur portée et leur rôle. Comme la liturgie, l’image est un véhicule des décisions dogmatiques et l’expression de la vie même de la Tradition sacrée dans l’Église par la grâce. Par la liturgie et par l’icône, la Révélation pénètre dans le peuple croyant, devient pour lui une tâche à vivre » [5] .



[1] Michel QUENOT, L’icône, op. cit. p. 88.

[2] Saint Basile le Grand, Homélie sur la génération humaine du Christ, 6 (PG, 31, 1473).

[3] Saint Basile le Grand, Homélie 19 sur les quarante martyrs de Sébaste (P.G. 31, 509 A).

[4] Actes du septième concile œcuménique, 6e session, ibid.

[5] Léonide OUSPENSKY, Vladimir LOSSKY, Le sens des icônes, op. cit, p. 29.

 

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Par Charbel
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